mercredi 24 août 2011

DEMOLITION BT C - 2ème jour -CENTRE NEVRALGIQUE DU LIEN SOCIAL

La destruction de ce bâtiment C met en émoi tous les locataires qui ont vécu dans cette cité. Les locaux associatifs étaient au bâtiment C. Nous avons tous des souvenirs de ces lieux, enfants, femmes, hommes, jeunes ou personnes âgées : permanences médicales PMI, sociales, juridiques, loisirs, éducatifs, festivités, cinéma, rencontres, théâtre,échanges culturels etc...
 Ce matin, j'étais au téléphone avec une amie qui a vécu aux Créneaux au bâtiment C, nous nous sommes projetées plus de 30 ans en arrière du  temps jadis où nous étions jeunes et en plein mois de ramadhan comme cette année en août.
 Nous étions acteurs de notre cité et prenions en charge les animations en collaboration avec l'ADRIM (Association pour le Développement des Relations Intercommunautaires à Marseille).
 A cette époque, nous étions membres de l'association de jeunes de la cité et nous répétions nos spectacles, nous souffrions de la soif et de la faim mais nous étions heureuses.  Nos actions étaient bénévoles et animées par la même envie de faire connaitre la culture de nos parents. Nous avons fait plusieurs prestations dans des salles, au Parc Chanot dans le cadre des relations culturelles Franco- Algériennes.
Les costumes ont été confectionnés bénévolement  par les membres de l'association, des jeux de 12 robes et accessoires par thème :
robes oranaises de couleur parme avec doublure et incrustations de perles,
costume algérois sarouel, boléro, chemisiers aux manches larges et fluides  avec des jeux de foulards , robes kabyles  foulard frangé , fouta, bijoux argenté,
robes chaouis aux couleurs chatoyantes avec des foulards et bijoux.
Un travail colossal a été fait dans la confection des costumes avec la spécificité traditionnelle régionale.
Pour ma part, je découvrais tout cela car née en FRANCE je n'avais jamais connu toute cette richesse culturelle que j'ai pu découvrir à travers les activités de l'association.
Lors de nos tournées, les spectateurs étaient subjugués par nos prestations dignes de professionnels.
 Il y a eu  une cassure, une douleur dans la transmission de l'identité culturelle, un besoin de connaître ses origines, ses traditions... Ce ne sont pas des simples murs qui sont broyés, c'est toute une histoire de l'immigration qui disparaît à mes yeux avec cette démolition.



Un seul bâtiment reste debout le A.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire